Quoi de plus gourmand et éthique qu’une pâte à tartiner 100 % artisanale et locale ? Bienvenue dans l’univers d’Eugénie Gillot, la super chocolatière qui se cache derrière la marque Eugène.
Depuis 2013, Eugénie Gillot développe des recettes de pâtes à tartiner à tomber ! Praliné, cacahuète, caramel, noisette… il y en a pour tous les goûts ! Mais au fait, à quoi ressemble la vie d’une productrice de délices ?
Des ingrédients les plus locaux possibles
Tout commence par la sélection des matières premières. Bio, belges et artisanales, les pâtes à tartiner Eugène sont préparées avec des ingrédients aussi durables que possible. « Pour le chocolat, nous avons deux fournisseurs : Ethiquetable et Mike & Becky. Quant aux fruits à coque, notre idéal est que leur origine soit la plus proche… » explique Eugénie. Très sélectives, Eugénie et sa collègue Marie Mahieu ont choisi les excellentes noix belges de nOk. « Les pistaches et noisettes viennent d’Italie : nous travaillons avec des coopératives Italiennes. Pour les noix de cajou, les cacahuètes et le sésame, nous collaborons avec Kasana. » Ensuite, place à la préparation. Ici pas de sirop de glucose, d’additifs, ni de lécithine… Que du naturel, pour le meilleur du meilleur. Une texture parfaite, et une explosion de saveurs.
Jongler entre les différentes facettes du métier
Si Eugénie adore son quotidien, elle pointe néanmoins quelques difficultés propres au métier de transformatrice. « Je fais tout : des achats à la production, en passant par la vente. Le plus gros défi, c’est de gérer les législations. Finalement, je suis chocolatière, pas juriste ! » L’obstacle majeur : la standardisation des règles alimentaires, souvent calquées sur des modèles à grande échelle. « Décrypter ces lois faites pour des industriels est très chronophage. Et pourtant, nous devons les appliquer, même si nous travaillons avec des outils artisanaux. » Un autre élément difficile à gérer : la saisonnalité. « Quand on est une petite entreprise, on ne peut pas se permettre d’acheter beaucoup de matière première en avance ou de stocker des centaines de kilos. Mais comme les goûts varient, et qu’il est impossible de prévoir quel pot de la gamme marchera le mieux, souvent, les magasins demandent un réassort en urgence. Le problème, c’est qu’en tant que transformatrice, on est au milieu de la chaîne : il faut que le producteur nous fournisse les matières premières avant que nous puissions fabriquer et nous même livrer les ingrédients. Ça peut mettre une certaine pression ! »
Derrière chaque produit, des humains !
Eugénie et Marie travaillent dans un atelier bruxellois qu’elles partagent avec deux autres producteurs : la boulangerie Levain et la brasserie Smile Kombucha. Une espèce de coworking pour artisan·nes de l’alimentation, en somme ! 😊 « On mutualise pas mal de machines et on se conseille entre nous. C’est très chouette, ça permet aussi de voir du monde ! Je suis très contente que nous nous soyons installées dans cet espace, car c’est assez difficile de trouver des lieux de production dans la capitale. » Quand on habite en ville, en tant que consommateur·rice, on peut ressentir une déconnexion par rapport à celles et ceux qui nous nourrissent. Et pourtant, derrière chaque produit, il y a de multiples acteur·rices et des histoires en cascade. « Parfois, à Bruxelles, les gens s’énervent quand un camion bloque la rue pour charger des produits. J’ai souvent envie de leur demander : “La nourriture, comment pensez-vous qu’elle arrive en ville ?”. »
Valoriser l’artisanat
On ne va pas se mentir, faire le choix d’une production à base d’aliments qui respectent l’environnement et les agriculteur·rices, ça a un coût. « C’est un défi, car qu’on le veuille ou non, nous sommes en concurrence avec de très grosses entreprises. Avant de goûter nos pâtes à tartiner, on ne peut pas imaginer la différence en matière de qualité… Par exemple, notre Praliné-Noisette contient 72% de noisettes, ça n’a rien à voir avec les 13% du Nutella » sourit-elle. «Mais une fois que les gens nous découvrent, c’est très enthousiasmant. Nous recevons de nombreux retours positifs : c’est génial et cela donne du sens à notre travail ! »

